Origine et histoire du Mémorial
Le Mémorial de Verdun a été créé en 1967 à l’initiative du Comité National du Souvenir de Verdun, présidé par Maurice Genevoix, ancien combattant et académicien. Installé sur l’emplacement de l’ancienne gare de Fleury-devant-Douaumont, un village détruit pendant la Première Guerre mondiale, il vise à honorer les soldats tombés lors de la bataille de 1916. Le projet, reconnu d’utilité publique en 1962, est financé par une souscription nationale et conçu par l’architecte Charles Legrand, remplacé après sa mort par Marcel Bidault. Inauguré en septembre 1967, le musée devient un lieu de mémoire pour les vétérans.
Entre 2013 et 2016, le Mémorial subit une rénovation majeure pour moderniser sa scénographie et adopter une approche franco-allemande de la bataille. Les travaux, d’un coût de 12,5 millions d’euros, ajoutent 1 900 m2 d’espaces, incluant un nouvel étage, des ailes latérales et un hall d’accueil. Le comité scientifique, dirigé par l’historien Antoine Prost puis François Cochet, enrichit les collections avec des objets allemands et des documents pédagogiques. Le musée rouvre en février 2016, marquant le centenaire de la bataille, en présence de François Hollande et Angela Merkel, symbolisant la réconciliation.
Le musée expose aujourd’hui plus de 2 000 objets, dont des uniformes, des armes, des véhicules et des archives, répartis sur trois niveaux. Le rez-de-chaussée plonge le visiteur dans la vie des soldats, tandis que les étages supérieurs explorent le commandement, la logistique et les commémorations. Une terrasse offre une vue sur le champ de bataille, complétée par des espaces pédagogiques et un auditorium. Les collections, initialement constituées par des dons d’anciens combattants, s’enrichissent régulièrement, notamment grâce à des prêts d’institutions allemandes.
Géré par le Comité National du Souvenir de Verdun, le Mémorial est dirigé depuis 2021 par Nicolas Barret. Son comité scientifique organise des colloques et soutient la recherche historique. La fréquentation, relancée après la rénovation, vise 200 000 visiteurs annuels. Le site incarne à la fois le devoir de mémoire et la transmission aux jeunes générations d’un conflit qui a marqué l’Europe.
Le projet initial remonte à 1939, porté par la Fédération André Maginot, mais est interrompu par la Seconde Guerre mondiale. Relancé dans les années 1950, il aboutit grâce à la détermination des anciens combattants, souhaitant expliquer la bataille aux visiteurs. Fernand Ducom, premier conservateur, souligne en 1966 l’absence d’un lieu dédiée à la reconstitution des combats, justifiant la création du Mémorial.